L'oeuvre

Accès aux textes de l'oeuvre :

  1. Algunas bestias
  2. Voy a vivir
  3. A mi partido
  4. Los Libertadores
  5. Vienen los pajaros
  6. Lautaro
  7. La United Fruit Company
  8. America insurrecta
  9. Neruda requiem aeternam

Accès au texte intégral du Canto General : cliquez-moi

 

Les animaux dans le Canto en images

Oeuvre majeure du compositeur grec Mikis Théodorakis.
Il s'agit d'un oratorio mis en musique sur des poèmes de Pablo Neruda.
L'interprétation de cette oeuvre aux accents grecs et sud américains nécessite un choeur important accompagné d'un orchestre avec des instruments variés.
 
 

Pablo Neruda

Né au Chili, en 1904, Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto dit Pablo NERUDA devient dès l'âge de 23 ans consul du Chili. En 1936, l'exécution en Espagne de son ami le poète LORCA marque le point de départ d'une action militante antifasciste.

Il rédige alors les premiers poèmes du CANTO GENERAL, vaste fresque épique sur l'histoire et les destinées des peuples d'Amérique, en tout près de 300 poèmes, dont la première édition sera publiée en 1943 à Mexico.

Universelle, son œuvre a été reçue et traduite dans la plupart des pays.

En 1950, le prix Mondial de la Paix lui est décerné à Varsovie.

En 1971, il reçoit le pris Nobel de littérature et le Prix Lénine pour la Paix.

Pablo Neruda meurt 10 jours après l'assassinat du Président Allende, le 23 septembre 1973, dans des conditions troubles

Poète à l'imagination puissante et au lyrisme délicat, vigoureusement engagé dans son siècle, Pablo Neruda fit entendre son cris de révolte dans le monde entier.

Je suis venu pour chanter et pour que tu chantes avec moi. »
« Mon destin a été de souffrir et de lutter, d’aimer et de chanter. »

Pablo Neruda
 

Mikis Theodorakis

Né en 1925 , Mikis THEODORAKIS est l'auteur d'œuvres aussi diverses que des symphonies, des musiques de chambre, des ballets, des chants folkloriques et des musiques de films.

C'est essentiellement le film «Zorba le Grec» et de «Z» de Costa Gavras qui le révèle au grand public.

Théodorakis s'engage politiquement, ce qui lui amène des ennuis jusqu'à l'exil pendant la dicture en Grèce.

C'est en France qu'il met en musique quelques uns des poèmes du Canto General. Theodorakis en fait un oratorio L'œuvre devait à l'origine être jouée pour la première fois à Santiago du Chili. Mais quelques jours avant le concert, le putsch militaire et l'assassinat d'Allende reportaient la représentation à une date indéterminée...

Le 13 août 1975, après la chute de la Junte des Colonels en Grèce, c'est devant le stade archicomble du Pirée que Théodorakis effectuait avec le canto General un retour triomphal et mémorable dans son pays.

Mikis Theodorakis considère son œuvre comme une forme de révolution culturelle :

«Il ne s'agit pas seulement d'engagement politique de l'art, mais, bien plus, de mettre cet art, sous toutes ses formes, à la disposition des masses...»

Textes de l'oeuvre

1. Algunas bestias

Traduction (src : Schott Music Ed.)

 

Quelques Animaux

 

C'était le crépuscule de l'iguane.

Depuis la crête irisée,

sa langue tel un dard

se plongeait dans la verdure,

la fourmilière monacale foulait

la forêt d'un pas mesuré,

le guanaco subtil comme l'oxygène

des vastes hauteurs bistrées

allait chaussant des bottes d'or,

alors que le lama ouvrait des yeux

candides sur la délicatesse

du monde comblé de rosée.

Les singes nattaient un fil

interminablement érotique

sur les rives de l'aurore,

renversant des murs de pollen

et égaillant le vol violet

des papillons de Muzo.

C'était la nuit de caïmans,

la nuit pure regorgeant

de museaux issus de la vase

et, des marécages somnolents,

un sombre bruit d'armures

revenait à l'origine de la terre.

 

Le jaguar faisait bruire les feuilles

de son absence phosphorescente,

le puma court la futaie

tel le feu dévorant,

tandis que flambent en lui

les yeux enivrés de la forêt.

Les blaireaux raclent les pieds

du fleuve, ils hument le nid

et leur délice palpitant

qu'ils attaqueront avec des dents rouges.

 

Et dans la magnitude de l'eau,

pareil au cercle de la terre,

se tient l'anaconda géant

couvert de boues rituelles,

vorace et pieux.





Era el crepúsculo de la iguana.

Desde la arcoirisada crestería

su lengua como un dardo

se hundía en la verdura,

el hormiguero monacal pisaba

con melodioso pie la selva,

el guanaco fino como el oxígeno

en las anchas alturas pardas

iba calzando botas de oro,

mientras la llama abría candidos

ojos en la delicadeza

del mundo lleno de rocío.

Los monos trenzaban un hilo

interminablemente erótico

en las riberas de la aurora,

derribando muros de polen

y espantando el vuelo violeta

de las mariposas de Muzo.

Era la noche de los caimanes,

la noche pura y pululante

de hocicos saliendo del légamo,

y de las ciénagas soñolientas

un ruido opaco de armaduras

volvía al origen terrestre.

 

El jaguar tocaba las hojas

con su ausencia fosforescente,

el puma corre en el ramaje

como el fuego devorador

mientras arden en él los ojos

alcohólicos de la selva.

Los tejones rascan los pies

del río, husmean el nido

cuya delicia palpitante

atacarán con dientes rojos.

 

Y en el fondo del agua magna,

como el círculo de la tierra,

está la gigante anaconda

cubierta de barros rituales,

devoradora y religiosa.


2. Voy a vivir

Yo no voy a morirme. Salgo ahora

en este día lleno de volcanes

hacia la multitud, hacia la vida.

Aquí dejo arregladas estas cósas

hoy que los pistoleros se pasean

con la cultura occidental en brazos,

con las manos que matan en España

y las horcas que oscilan en Atenas

y la deshonra que gobierna a Chile

y paro de contar.

 

Aquí me quedo

 con palabras y pueblos y caminos

que me esperan de nuevo, y que golpean

con manos consteladas en mi puerta.

Je ne mourrai pas. Je m'en vais sur l'heure,

en ce jour saturé de volcans,

vers la multitude, vers la vie.

C'est une affaire réglée,

à présent que les forbans flânent

avec la culture occidentale dans les bras,

avec les mains qui massacrent en Espagne

et les gibets qui oscillent dans Athènes

et le déshonneur qui gouverne eu Chili

et j'arrête de conter.


Je m'en tiens là,

avec des paroles et des peuples et des chemins

qui m'appellent à nouveau et qui,

de leurs mains constellées, frappent à ma porte.


4. Los Libertadores

 Aqui viene el árbol, el árbol

de la tormenta, el árbol del pueblo.

De la tierra suben sus héroes

como las hojas por la savia,

y el viento estrella los follajes

de muchedumbre rumorosa,

hasta que cae la semilla

del pan otra vez a la tierra.

Aquí viene el árbol, el árbol

nutrido por muertos desnudos,

muertos azotados y heridos,

muertos de rostros imposibles,

empalados sobre una lanza,

desmenuzados en la hoguera,

decapitados por el hacha,

descuartizados a caballo,

crucificados en la iglesia.

Aquí viene el árbol, el árbol

cuyas raíces están vivas,

sacó salitre del martirio,

sus raíces comieron sangre

y extrajo lágrimas del suelo:

las elevó por sus ramajes,

las repartió en su arquitectura.

Fueron flores invisibles,

a veces, flores enterradas,

otras veces iluminaron

sus pétalos, como planetas.

Y el hombre recogió en las ramas

las caracolas endurecidas,

las entregó de mano en mano

como magnolias o granadas

y de pronto, abrieron la tierra,

crecieron hasta las estrellas.

Éste es el árbol de los libres.

El árbol tierra, el árbol nube,

el árbol pan, el árbol flecha,

el árbol puño, el árbol fuego.

Lo ahoga el agua tormentosa

de nuestra época nocturna,

pero su mástil balancea

el ruedo de su poderío.

Otras veces, de nuevo caen

las ramas rotas por la cólera

y una ceniza amenazante

cubre su antigua majestad:

así pasó desde otros tiempos,

así salió de la agonía

hasta que una mano secreta,

unos brazos innumerables,

el pueblo, guardó los fragmentos,

escondió troncos invariables,

y sus labios eran las hojas

del inmenso árbol repartido,

diseminado en todas partes,

caminando con sus raíces.

Éste es el árbol, el árbol

del pueblo, de todos los pueblos

de la libertad, de la lucha.

Asómate a su cabellera:

toca sus rayos renovados:

hunde la mano en las usinas

donde su fruto palpitante

propaga su luz cada día.

Levanta esta tierra en tus manos,

participa de este esplendor,

toma tu pan y tu manzana,

tu corazón y tu caballo

y monta guardia en la frontera,

en el límite de sus hojas.

Defiende el fin de sus corolas,

comparte las noches hostiles,

vigila el ciclo de la aurora,

respira la altura estrellada,

sosteniendo el árbol, el árbol

que crece en medio de la tierra.

Voici venir l'arbre, c'est l'arbre

de l'orage, l'arbre du peuple

De la terre montent ses héros

comme la sève aux feuilles,

et le vent étoile les feuillages

de la multitude grondante,

jusqu'à ce que retourne la semence

du pain une nouvelle fois à la terre.

Voici venir l'arbre, c'est l'arbre

nourri par des cadavres nus,

des morts fouettés et estropiés,

des morts aux visages des impossibles,

empalés au bout d'une lance,

recroquevillés dans les flammes,

décapités à coups de hache,

écartelés par les chevaux

ou crucifiés dans les églises.

Voici venir l'arbre, c'est l'arbre

dont les racines sont vivantes,

il a pris l'engrais du martyre,

ses racines ont bu du sang,

au sol il a puisé des larmes

qui par ses branches sont montées

parsemant son architecture.

Elles furent fleurs, quelquefois

invisibles, fleurs enterrées,

d'autres fois elles allumèrent

leurs pétales, comme des planètes.

Et l'homme cueillit sur les branches

les corolles aux parois durcies,

il les tendit de main en main

tels des magnolias, des grenades,

et brusquement, ouvrant la terre,

elles grandirent jusqu'au ciel.

C'est lui, l'arbre des hommes libres;

L'arbre terre, l'arbre nuage.

L'arbre pain, l'arbre sarbacane,

l'arbre poing, l'arbre feu ardent.

Inondé par l'eau tempétueuse

de notre époque des ténèbres,

son mât décrit dans le roulis

les arènes de sa puissance.

D'autres fois la colère brise

les branches qui tombent à nouveau

et une cendre menaçante

couvre sa vieille majesté :

ainsi franchit-il d'autres temps

et sortit-il de l'agonie,

jusqu'au moment où une main

secrète, des bras innombrables,

le peuple, en garda les fragments

et cacha des troncs immuables.

Ses lèvres étaient alors les feuilles

de l'immense arbre réparti,

disséminé de tous côtés,

qui marchait avec ses racines.

Voici venir l'arbre, c'est lui

l'arbre du peuple, tous les peuples

de la liberté, de la lutte.

Montre-toi dans sa chevelure :

palpe ses rayons restitués :

plonge la main dans les usines,

là même où son fruit palpitant

chaque jour répand sa lumière

Lève dans tes mains cette terre,

unis-toi à cette splendeur,

emporte ton pain et ta pomme,

ton cœur aussi et ton cheval

et monte la garde aux frontières,

aux confins de sa frondaison.

Défends le but de ses corolles,

partage les nuits ennemies

surveille le cycle de l'aurore,

respire la cime étoilée,

en protégeant l'arbre, cet arbre

qui pousse au milieu de la terre.

 

© traduction Pierre Clavilier


5. Vienen los pajaros

Todo era vuelo en nuestra tierra.

Como gotas de sangre y plumas

los cardenales desangraban

el amanecer de Anáhuac.

El tucán era una adorable

caja de frutas barnizadas,

el colibrí guardó las chispas

originales del relámpago

y sus minúsculas hogueras

ardían en el aire inmóvil.


Los ilustres loros llenaban

la profundidad del follaje

como lingotes de oro verde

recién salidos de la pasta

de los pantanos sumergidos,

y de sus ojos circulares

miraba una argolla amarilla,

vieja como los minerales.

Todas las águilas del cielo

nutrían su estirpe sangrienta

en el azul inhabitado,

y sobre las plumas carnívoras

volaba encima del mundo

el cóndor, rey asesino,

fraile solitario del cielo,

talismán negro de la nieve,

huracán de la cetrería.


La ingeniería del hornero

hacía del barro fragante

pequeños teatros sonoros

donde aparecía cantando.

El atajacaminos iba

dando su grito humedecido

a la orilla de los cenotes.

La torcaza araucana hacía

ásperos nidos matorrales

donde dejaba el real regalo

de sus huevos empavonados.


La loica del Sur, fragante,

dulce carpintera de otoño,

mostraba su pecho estrellado

de constelación escarlata,

y el austral chingolo elevaba

su flauta recién recogida

de la eternidad del agua.


Mas, huledo como un nenufar

el flamenco abria sus puertas

de sonrosada catedral,

y volaba como la aurora,

lejos del bosque bochornoso

donde cuelga la pedreria

del quetzal, que de pronto despierta,

se mueve, resbala y fulgura

y hace volar su brasa virgen.


Vuela una montana marina

hacia las islas,

una luna

des aves que van hacia el Sur,

sobre las ilsas fermentadas

del Peru.


Es un rio de sombra,

es un cometa de pequenos

corazones innumberables

que oscurecen el sol del mundo

como un astro de cola espesa

palpitando hacia el archipielago.


Y en el final del iracundo

mar, en la lluvia del océano,

surgen las alas del albatros

como dos sistemas de sal,

estableciendo en el silencio,

entre las rachas torrenciales,

con su espaciosa jerarquía

el orden de las soledades.

Tout était vol sur notre terre.

En gerbes de sang et de plumes,

les passereaux écarlates saignaient

l'aube d'Anahuac.

Vénérable, le toucan était

une châsse de fruits vernis,

le colibri gardait l'éclat

originel de l'éclair

et ses minuscules brasiers

resplendissaient dans l'air immobile.


Les illustres perroquets foisonnaient

dans la profondeur du feuillage,

tes des lingots d'un vert mordoré

à peine issus des bourbeux

marais submergés

et, les yeux ronds,

ils prenaient pour mire un anneau jaune

vieux comme les minéraux.

Tous les aigles célestes

nourrissaient leur sanglante progéniture

dans l'azur inhabité

et, par-dessus leurs plumes carnivores,

au firmament volait

le condor, monarque assassin,

ermite du ciel,

talisman noir de la neige,

ouragan de la fauconnerie.


L'ingéniosité du fournier

campait, constuits d'argile parfumée,

des petits théâtres sonores

où il apparaissait en chantan.

Le traversion promenait

son cri humecté

à la lisière des puits caverneux.

Le ramier araucan bâtissait

d'âpres nids brouissailleux,

où il laissait le royal cadeau

de ses noirs oeufs bleutés.


L'oiseau chanteur du Sud, odorant,

doux charpentier d'automne,

montrait sa gorge étoilée

d'une constellation écarlate

et le chingolo austral élevait

sa flûte frîchement recuillie

dans l'éternité de l'eau.


Quant à lui, aussi humide qu'un nénuphar,

le flamant ouvrait ses portes

de cathédrale rosée

et prenait son vol d'aurore,

loin du bois suffocant

émaillé des joyaux

du quetzal qui , sitôt éveillé,

s'anime, s'efface et fulgure,

faisant voler sa braise vierge.


Une montagne marine fait voile

vers les îles, une lune

d'oiseaux migre vers le Sud,

par-dessus les îles fermentées

du Pérou.


C'est un fleuve d'ombre vivant,

c'est une comète de petits

coeurs innombrables

qui obscurcissent le soleil du monde,

tel un astre à la traîne empesée

palpitant vers l'archipel.


Et aux confins de la mer irascible,

dans la pluie de l'océan,

les ailes de l'albatros surgissent

comme deux systèmes de sel,

établissant en silence,

parmi les rafales torrentielles

et leur spacieuse hiérarchie,

le déploiement des solitudes.


Trad. Schott Music Ed


7. La United Fruit Co.

Cuando sonó la trompeta

estuvo todo preparado en la tierra

y Jehova repartió el mundo

a Coca Cola Inc Anaconda

ford Motors y otras entidades

la Compañía Frutera Inc

se reservo lo más jugoso

la costa central de mi tierra

la dulce cintura de América

Bautizó de nuevo sus tierras

como Republicas Bananas

y sobre los muertos dormidos

sobre los héroes inquietos

que conquistaron la grandeza

la libertad y las banderas

estableció la ópera bufa :

enajenó los albedríos

regaló coronas de César

desenvainó la envidia,

atrajo la dictadura de las moscas.

moscas Trujillo, moscas Tachos,

moscas Carías, moscas Martínez,

moscas Ubico, Moscas húmedas

de sangre humilde y mermelada

moscas borrachas que zumban

sobre las tumbas populares

moscas de circo, sabias moscas

entendidas en tiranía.

Entre las moscas sanguinarias

la Frutera desembarca,

arrasando el café y las frutas

en sus barcos que deslizaron

como bandejas el tesoro

de nuestras tierras sumergidas.

Mientras tanto por los abismos

azucarados de los puertos

caían indios sepultados

en el vapor de la mañana :

un cuerpo, rueda, una cosa

sin nombre, un número caído

un racimo de fruta muerta

derramada en el pudridero.


Les animaux dans le Canto General

De nombreux animaux sont cités dans le texte,  voyez si vous pouvez tous les nommer...

Les réponses :

1. albatros

2. anaconda

3. blaireau

4. caiman

5. chingolo

6. colibri

7. condor

8. flamant

9. fourmilier

10. fournier

11. guanaco

12. iguane

13. jaguar

14. lama

15. puma

16. quetzal

17. toucan



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